Après avoir été contacté plusieurs fois par des parents en détresse face à leur adolescent qui a tenté de mettre fin à ses jours, ou en pleine dépression, je vous présente ce premier volet sur le suicide chez les jeunes.
Le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 25 ans en France, après les accidents de la route. Un jeune sur dix serait dépressif.
40 000 tentatives, appels à l’aide, gestes manqués.
Les moins de 15 ans ne sont pas comptabilisés dans les statistiques, s’ils ne sont pas hospitalisés. Selon l’Inserm (Institut National de la Santé et de la recherche médical), les TS (tentatives de suicide réussies à cet âge sont rares.
L’association Phare Enfants Parents constate que de plus en plus de pré-ados ont des idées suicidaires. 20% des appels concernent les moins de 14 ans.
Un rapport sur le suicide des jeunes a été demandé par le ministère de la santé. Un plan de prévention sera mis en place.
Une menace de suicide, une évocation de sa propre mort n’est pas à prendre à la légère, même pour un enfant de 10 ans.
Un véritable dialogue doit être engagé : Il ne faut pas hésiter à se faire aider.
Association Phare Enfants-Parents :
Numéro Azur : 0810 810 0870
Une personne sur quatre est susceptible de souffrir de déprime au cours de sa vie.
Lorsque les difficultés de la vie s’accumulent, la dépression s’installe, c’est une vraie maladie à soigner sans tarder.
Différence entre être déprimée et en dépression chez un jeune.
La déprimée : elle essaye de faire bonne figure !
Le matin : Elle a dû mal à se mettre en route. “Ah, si je pouvais dormir une heure de plus, tout irait mieux”, pense-t-elle en prenant sa douche. Mais il faut bien faire bonne figure. Un petit peu de maquillage, un bisou aux parents ou au petit copain, et c’est parti pour une nouvelle journée !
La journée : Comme à la maison, elle ne se sent pas très courageuse. A la moindre remarque, elle fond en larmes ou répond avec agressivité. Avec les copines, en revanche, tout va bien. Elle peut passer des heures au téléphone à leur raconter ses malheurs : ses parents ne l’aiment pas, ses profs ne peuvent pas la sentir, etc… Elle souhaite partir très loin dans un endroit idyllique pour oublier ses soucis.
Le soir : Elle se sent plutôt mieux et retrouve un peu d’énergie. Si ses copains lui proposent un ciné, elle se fait un peu prier mais accepte en pensant que cela lui changera les idées de voir du monde. A table, elle prétend n’avoir pas faim mais engloutit deux parts de gâteau au chocolat. Au cours de la soirée, elle se met à raconter en souriant le fiasco de ses vacances !…
Question sexualité : Elle ressent un terrible besoin d’être aimée et de se faire cajoler.
La dépressive : elle broie du noir toute la journée !
Le matin : Après une nuit entrecoupée d’insomnies, elle se réveille un peu hagarde, les yeux cernés, la mine défaite. De toute façon, elle n’a ni courage, ni envie de prendre soin de son corps. Elle se traîne sous la douche, enfile des vêtements pris au hasard dans l’armoire, sans chercher à être à son avantage.
Dans la journée : Elle a manifestement la tête ailleurs et se concentre avec difficulté. Elle paraît absente, ne participe pas à la vie du bureau, ne parvient plus à se réjouir à l’annonce d’une bonne nouvelle. Quand on lui annonce qu’elle a réussi un examen ou autre, cela la laisse froide. Ses crises de larmes surviennent sans raison. Elle est incapable de faire des projets et semble “hiberner” sans rien attendre.
Le soir : Le dîner importe peu pour elle. Elle avale sans prêter au goût des aliments qu’elle adorait auparavant. Elle n’articule pas trois mots. Elle peut rester blottie sur le canapé dans la télé, quitte à s’y endormir. Si une amie attentionnée la traîne au restaurant, elle s’intéresse à peine au menu et ne touche quasiment pas au repas. Dans une soirée, elle s’isole. Histoires, drôles, gags, rien ne parvient à la dérider.
Quand les coups de cafard se multiplient, il ne faut pas attendre de sombrer dans la dépression pour faire face.
Comment retrouver moral et joie de vivre ?
Il est vrai, qu’en été on se sent bien. On déborde de projets, on a envie de faire la fête avec des amis, de voir du pays. Mais avec le retour de l’automne, on se sent moins en forme.
Certains jours, la vie nous semble si compliquée, ou si fade, que le moral en prend un coup. On broie du noir, on pleure sans raison…
Comment les aider ?
Chacun de nous se sent démuni face à un dépressif. Savoir lui parler, réagir à ses moments de désespoir, garder sa bonne humeur, n’est pas toujours facile.
Les recettes miracles n’existent pas. Mais quelques conseils peuvent nous aider.
S’il est lent et se désintéresse de son travail, ce n’est pas de sa faute! Il faut l’accepter et ne pas lui adresser de reproches. Ne pas lui demander non plus de “se secouer”. Les phrases de ce style sont à bannir, car il n’est pas responsable de sa maladie et celle-ci ne se combat pas avec de la volonté !
En revanche, mieux vaut l’inciter à parler et l’écouter avec bienveillance, sans complaisance.
Par exemple : le laisser s’exprimer mais le corriger s’il se dévalorise. Lui dire que la dépression est une maladie temporaire et que son état va s’améliorer peu à peu sous l’effet du traitement. Lui dire sa confiance en sa guérison !
Pas de panique !
Personne n’est en permanence au zénith de la forme…!!!
Se faire plaisir absolument !
Privilégier tout ce qui peut faire du bien : nouvelle coupe de cheveux, nouvelle couleur, se replonger le soir dans un livre qu’on adore ; prévoir de nouvelles activités sportives pour mener une vie saine ; manger à heures régulières. En cas de problème, ne pas rester seule à ressasser. Demander à ses amis de nous aider et savoir profiter, sans arrière-pensée, des moments agréables de la vie qui ne manqueront pas de survenir.
Ne pas laisser la déprime s’installer !
Quand les “petits moyens” ne suffisent plus à combattre les troubles (perturbation du sommeil ou de l’appétit, crises de larmes à répétition…) mieux vaut consulter un médecin.
Exprimer ses doutes, ses inquiétudes, se sentir écouté(e) et compris(e), cela permet souvent de prendre du recul, de distinguer ce qui est important de ce qui l’est moins. Et, peu à peu de retrouver la sérénité.
Si la déprime survient après un événement traumatisant, comme un deuil, il faut être patient. La tristesse est naturelle et demande de la compréhension, plutôt que des médicaments. Le temps cicatrise aussi bien les plaies de l’âme.
Quand les difficultés proviennent d’une trop grande tension ? La relaxation aidera à se détendre et à retrouver le sommeil. Une séance de thermes (sauna, hammam, jacuzzi, massage, séance de lumière) apporte un grand bien-être également. On se sent comme ressourcé.
Cela ne suffit pas toujours. En cas de trop grande anxiété, un tranquillisant peut être prescrit par le médecin. Ces médicaments aident parfois à passer un cap difficile mais il est préférable d’éviter d’entrer dans cet engrenage. Ils aident à stopper les insomnies mais ne règlent pas tout le problème. Ils peuvent entraîner des troubles de la mémoire et de l’attention. Tout tranquillisant doit être pris sur une courte période et uniquement dans le cas où il est indispensable.
La psychothérapie est indiquée dans les cas d’anxiété grave en thérapie individuelle ou de groupe pour dans les cas d’anxiété grave en thérapie individuelle ou de groupe pour nous aider à “décortiquer” les problèmes existentiels…
Ne pas hésiter à se faire aider !
“Quand la tempête est trop difficile à supporter, on fait le sous-marin…” cette image du docteur Frédéric Rafintin, psychiatre attaché à l’hôpital Sainte-Anne (Paris) montre à quel point le repli sur soi du dépressif peut être difficile à surmonter. L’aide du médecin passe le plus souvent par la prescription d’antidépresseurs. Ces médicaments sont classés en 4 catégories selon leur mécanisme d’action et leurs effets secondaires (bouche sèche, somnolence, trouble de la libido, etc.) Avant de trouver la bonne dose et le produit le mieux adapté, on doit parfois procéder par tâtonnements. Les antidépresseurs les plus anciens sont encore les plus efficaces mais ils sont d’un maniement un peu délicat et sont réservés en pratique aux psychiatres. Les plus récents, sont plus faciles à prescrire, car ils entraînent moins d’effets secondaires. Un tranquillisant est souvent ajouté, en début de traitement, lorsque l’état dépressif s’accompagne d’une grande anxiété.
Mais si actives soient-elles, ces prescriptions ne représentent qu’une partie du traitement.
Le soutien psychologique est très important également. Le dialogue avec le médecin permettra de découvir le sens de sa dépression : comment on fonctionne dans son mental. Pourquoi tel ou tel événement nous a plongé dans un état de dépression ? Le médecin doit nous aider à trouver les moyens de nous reconstruire. Reprendre confiance en soi, avoir envie à nouveau d’aimer et de profiter de la vie.
L’avis du spécialiste : le Pr Zarifian, de l’hôpital psychiatrique de Caen.
Est-il toujours facile de reconnaître une dépression ?
Un état dépressif peut se cacher derrière une insomnie, une fatigue persistante, des douleurs fonctionnelles (mal de dos, troubles digestifs), des troubles isolés de l’appétit (anorexie, boulimie) ou encore un alcoolisme.
La prise de tranquillisants ou d’antidépresseurs peut-elle être dangereuse?
Ces médicaments peuvent être très utiles pour soulager la souffrance morale de la dépression. Mais comme ils “gomment” momentanément les difficultés, il est tentant de les utiliser aussi lors des petites baisses de moral. Mieux vaut apprendre, avec l’aide d’un thérapeute, de faire face aux difficultés de la vie.La démarche n’est pas facile, mais c’est la plus efficace à long terme.
Pris pendant de longues périodes, les médicaments contre l’anxiété risquent d’entraîner une indifférence affective, dontles conséquences sur la vie sociale peuvent être néfastes.
Comment réagir lorsqu’on soupçonne un risque suicidaire ?
Au moindre soupçon de tentative de suicide, il faut en parler au médecin traitant : 80 % des personnes qui passent à l’acte avaient tiré la sonnette d’alarme en avertissant un membre de leur entourage de leur intention d’en finir.
Où s’adresser :
Association France Dépression :
Elle soutient et informe les personnes confrontées à la maladie
14, rue Mathurin Régnier, 75015 Paris