La douleur 1ère partie
30 12 2007LA DOULEUR
Introduction
La douleur est depuis quelques années, devenue un problème de santé publique. L’information des patients, l’évolution des connaissances, le développement des thérapeutiques, la création dans les établissements hospitaliers de Comités de Lutte contre la Douleur, l’apparition de référents douleur, tout converge à réduire dans des proportions considérables cette dernière.
L’article L.1110-5 du code de la santé publique dit que « …toute personne a le droit de recevoir des soins à visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée… ».
Plans de lutte contre la douleur
En 1998, l’ancien ministre de la Santé, Bernard Kouchner, lançait le premier plan triennal (1998-2000) de lutte contre la douleur. Ce plan avait pour but d’améliorer la prise en compte de la demande du patient, le développement de la lutte contre la douleur dans les structures de santé notamment pour mieux l’évaluer et la traiter.
La philosophie de ce programme pouvait se résumer ainsi : « la douleur n’est pas une fatalité, elle doit être au centre des préoccupations de tout professionnel de santé ».
Malgré les progrès encourageants dans la lutte contre la douleur, l’évaluation du plan menée par la Société Française de Santé Publique souligne des difficultés et des dysfonctionnements.
A partir de ce constat et pour soutenir les efforts engagés, Monsieur Bernard Kouchner, a décidé de poursuivre les actions entreprises et de proposer un programme de lutte contre la douleur 2002-2005. Ce nouveau programme d’actions poursuit les objectifs du premier plan triennal. Il vise notamment l’amélioration de la prise en charge de la douleur chronique rebelle et de la souffrance en fin de vie. Il est centré sur la douleur provoquée par les soins de la chirurgie, la douleur de l’enfant et la prise en charge de la migraine.
Qu’est ce que la douleur ?
Définition
La douleur du latin « dolor » (souffrances) est selon le Robert illustré définie comme une sensation physique pénible.
En 1979, L’International Association for the Study of Pain (l’Association Internationale de l’étude de la douleur) définit la douleur en ces termes : « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle ou décrite en terme d’une telle lésion ». Cette définition est actuellement toujours celle de référence.
Elle illustre bien le caractère pluridimensionnel de la douleur. Elle intègre des composantes physiques et sensorielles, affectivo-émotionnelles, cognitive, ou intellectuelles, comportementales, socio-économiques, culturelles, ou ethniques, voir religieuses.
Ainsi la douleur peut être associée à une lésion tissulaire réelle, mais elle peut être aussi morale, avec l’aspect psychologique de l’expérience²ce douloureuse.
De même une douleur psychogène, sans lésion objective, est aussi légitime qu’une douleur physique.
. Trois types de douleurs existent
Principales différences de réactions psychophysiologiques entre douleur aiguë et douleur chronique
- La douleur aiguë :
Elle correspond habituellement à une lésion tissulaire. C’est un symptôme qui a un rôle d’alarme, faisant percevoir à l’individu qu’une menace potentielle existe pour lui.
. augmentation du rythme cardiaque
. augmentation du débit systolique
. augmentation de la tension artérielle
. augmentation la fréquence respiratoire
. dilatation pupillaire
. hypersudation
. augmentation du tonus musculaire
. hyperkinésie
. comportement de fuite
. état d’angoisse
. tremblements
- La douleur chronique :
Maladie à part entière, qui se définit comme une douleur quotidienne existante depuis plus de 3 à 6 mois, rebelle aux traitements antalgiques usuels.
. accoutumance des réponses sympathiques
. apparition de signes neurovégétatifs chroniques
. troubles de l’appétit
. constipation
. irritabilité
. troubles du sommeil
. asthénie
. ralentissement psychomoteur
. altération de l’humeur et de la personnalité
. repli social, familial et professionnel
. seuil de tolérance douloureuse abaissé
. phénomène d’hypercoloration douloureuse
. fuite dans la maladie
. comportement d’invalidité
. symptomatologie dépressive (masquée)
- La souffrance :
Les réactions engendrées par la douleur correspondent à la notion de souffrance. C’est l’association à la fois des phénomènes physiques, moraux et psychologiques mettant en jeu tous les mécanismes affectifs, intellectuels et instinctifs. La souffrance varie beaucoup d’un individu à l’autre, elle est fonction du contexte ou de la signification de la douleur.
Elle introduit d’emblée l’importance du dialogue et de l’attitude empathique.
Femmes et hommes égaux devant la douleur ?
Il est intéressant de rapprocher ces faits expérimentaux de constatations cliniques : l’on sait de longue date que certaines femmes, grandes migraineuses voient leurs migraines très atténuées pendant leurs grossesses, au point que certaines d’entre elles se savent enceintes quand leurs crises de migraine disparaissent ou se raréfient ! Il en est de même pour certaines névralgies faciales et certaines algies vasculaires de la face ! De même, certaines femmes sont davantage « algiques » (pour toutes sortes de douleurs) dans les périodes prémenstruelles, surtout celles qui souffrent de règles douloureuses. Le rôle des oestrogènes est indiscutable. Le seuil de sensibilité de la femme à certains types de douleur serait moins élevé, avec toutefois de très importantes variations interindividuellles, mais aussi suivant le contexte psychologique : ainsi, les femmes seraient-elles plus exposées à certaines pathologies douloureuses, de mécanisme mal connu et souvent considérées comme des maladies du « seuil douloureux », telles que la fibromyalgie, certaines douleurs de la mâchoire ou de nombreuses céphalées (maux de tête) dites de « tension ». On a ainsi pu se demander si cela pouvait être dû à leur plus grande « expérience historique » de la douleur, par le fait même de leur féminité (douleurs de l’enfantement, douleurs de la période des règles…).
Certains invoquent la plus petite taille habituelle du genre féminin, (mais la douleur est-elle plus forte chez les petits que chez les grands ? Rien n’est moins sûr !), la minceur de la peau, sa richesse éventuellement plus grande en récepteurs de la douleur, une plus grande vigilance, vis-à-vis de la douleur, par le fait de la mémoire affective, de l’anxiété (plus marquée chez la femme ?). cela nous ramène à la force du psychique et de l’environnement : l’on sait que les guerriers au plus fort du combat ressentent moins violemment la douleur qu’après le feu de l’action. A l’inverse, des personnes plutôt « douillettes » font preuve d’une force de caractère peu commune, face aux violentes douleurs d’un cancer. Ainsi, la douleur ne varie pas uniquement selon le sexe, mais aussi selon les ethnies, les modèles culturels, la mémoire personnelle. Toute douleur est très fortement influencée par le contexte et par l’environnement psychologique, affectif, social…Le sexe est donc un paramètre à prendre en compte, mais il n’est pas le seul.
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